Quand on pense aux voitures anciennes italiennes, des noms comme Alfa Romeo, Fiat ou Lancia viennent immédiatement à l'esprit. Pourtant, l'histoire de la vieille carrosserie recèle un trésor souvent méconnu des amateurs de mécaniques d'époque : la marque OM (Officine Meccaniche).
De ses triomphes sportifs légendaires dans les années 1920 à sa reconversion dans les véhicules utilitaires robustes, retour sur le destin unique de ce constructeur automobile italien hors norme.
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| Usine OM |
Les origines : De la mécanique lourde à l'automobile
Fondée à Milan en 1899, la Società Anonima Officine Meccaniche ne construit pas de voitures à ses débuts. L'entreprise se spécialise d'abord dans la production de matériel ferroviaire, de locomotives et de tramways.
Le grand tournant automobile s'opère en 1917-1918. OM rachète l'usine et les actifs de la marque Brixia-Züst (basée à Brescia). C'est le point de départ d'une aventure industrielle qui va marquer l'entre-deux-guerres. Le tout premier modèle de la marque, la Tipo S305, voit le jour en 1918. Elle emprunte encore beaucoup à l'héritage technique de Züst, mais pose les bases du savoir-faire d'OM : la robustesse et la fiabilité.
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| OM Tipo S 305 |
Les caractéristiques techniques des voitures OM
Le constructeur italien se distingue rapidement par une nomenclature très logique pour nommer ses modèles. Une habitude technique qui plaît aux puristes :
- Le premier chiffre indique le nombre de cylindres.
- Les deux chiffres suivants correspondent à l'alésage du moteur (le diamètre des cylindres en millimètres).
Par exemple, le modèle Tipo 469 embarque un moteur à 4 cylindres de 69 mm d'alésage. Ce bloc de 1,5 litre devient l'un des piliers de la marque grâce à sa polyvalence et sa tenue de route exemplaire.
OM 665 « Superba » : Le chef-d'œuvre de Brescia
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| OM 665 SSMM Superba |
S'il ne fallait retenir qu'un seul modèle de l'histoire automobile d'OM, ce serait sans hésiter la OM 665 Superba, lancée en 1923. Équipée d'un moteur 6 cylindres de 2 litres, cette voiture sport et de tourisme acquiert une réputation internationale.
C'est sur les pistes de course que la Superba inscrit son nom en lettres d'or. En 1927, lors de la toute première édition de la mythique course des Mille Miglia, OM réalise un exploit retentissant : les trois premières places du classement général sont occupées par des OM 665 !
Certaines versions ultérieures adoptent un compresseur volumétrique Roots, permettant à ces magnifiques torpédos et cabriolets de dépasser les 150 km/h, une vitesse prodigieuse pour l'époque.
Le virage vers les poids lourds et l'intégration chez Fiat
Malgré ses succès sportifs à la fin des années 1920, la Grande Dépression économique du début des années 1930 frappe durement le marché des voitures de luxe. OM choisit alors de réorienter ses activités.
En 1933, le géant Fiat prend le contrôle d'OM. Dès 1934, la production de voitures de tourisme est progressivement abandonnée au profit des camions, des autobus et du matériel ferroviaire. C'est le début d'une seconde vie brillante pour le constructeur.
Après la Seconde Guerre mondiale, OM donne naissance à des utilitaires légendaires, baptisés avec des noms d'animaux. Ces camions font encore le bonheur des collectionneurs de véhicules industriels d'époque :
| Modèle | Années de production | Particularité |
|---|---|---|
| OM Leoncino | 1950 – 1968 | Le best-seller d'après-guerre, ultra-maniable en ville. |
| OM Tigrotto | 1957 – 1972 | Un châssis robuste adapté aux charges lourdes. |
| OM Lupetto | 1959 – 1972 | Le compagnon idéal des artisans et livraisons urbaines. |
| OM Titano | 1961 – 1968 | Un géant de la route, l'un des camions les plus puissants d'Europe. |
En 1975, la marque OM est définitivement absorbée lors de la création du groupe Iveco. Bien que le logo ait disparu des calandres des camions, l'esprit d'indestructibilité d'OM reste vivant chez les passionnés de mécanique ancienne.
Pourquoi collectionner une OM aujourd'hui ?
Aujourd'hui, posséder une automobile OM ou un utilitaire comme le Leoncino, c'est détenir un morceau rare de l'histoire industrielle italienne. Les voitures de sport comme la Superba s'arrachent à prix d'or dans les ventes aux enchères. Elles offrent un ticket d'entrée garanti pour les événements historiques prestigieux comme le concours d'élégance ou la réédition de la Mille Miglia.
Pour les amateurs de vieille carrosserie, OM incarne l'alliance parfaite entre la rigueur d'ingénierie d'Europe du Nord (l'influence des licences suisses Saurer pour les moteurs diesel) et l'élégance naturelle du design italien.
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| OM Leoncino 35 1949 |
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| OM Tigrotto Bus |
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| OM Lupetto |
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| OM Titano |
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