Intermeccanica occupe une place singulière dans l’histoire automobile. Née à Turin en 1959 sous l’impulsion de Frank et Paula Reisner, la marque artisanale s’est rapidement distinguée par ses voitures sportives originales. Sa recette est simple, mais audacieuse : associer le style des carrosseries italiennes à des mécaniques souvent américaines. De l’Apollo GT à l’Italia, sans oublier l’Indra, retour sur l’histoire d’un constructeur rare qui a ensuite poursuivi son aventure en Amérique du Nord.
Les débuts étonnants d’Intermeccanica
L’histoire du constructeur automobile Intermeccanica commence en 1959 à Turin, en Italie. Frank Reisner et son épouse Paula lancent alors une petite entreprise originale. Au départ, la société prépare surtout des moteurs et des équipements sportifs. Elle propose notamment des carburateurs, des arbres à cames et des échappements performants. Rapidement, Frank Reisner comprend pourtant que son avenir se trouve dans la voiture complète. Il veut créer des modèles sportifs différents. Son idée mélange une carrosserie italienne élégante et une mécanique souvent américaine. Cette formule devient rapidement la signature d’Intermeccanica. La marque reste toutefois artisanale et produit seulement de petites séries.
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Intermeccanica et les premières voitures de sport
Avant de devenir un véritable constructeur, Intermeccanica expérimente plusieurs projets sportifs. La marque développe notamment une voiture de Formule Junior. Elle construit ensuite la petite Intermeccanica-Puch, appelée IMP. Cette sportive légère utilise une base Steyr-Puch 500. Son petit moteur ne cherche pas la puissance absolue. La voiture mise surtout sur son poids réduit et son agilité. L’IMP connaît même un joli succès en compétition. Une voiture Intermeccanica remporte notamment sa catégorie au Nürburgring. Cette performance donne une excellente réputation à la jeune entreprise. Cependant, Intermeccanica veut viser plus haut. Frank Reisner imagine alors une GT capable de séduire les automobilistes américains.
L’Apollo GT change la donne
L’Apollo GT devient donc un projet majeur au début des années 1960. Intermeccanica travaille avec International Motor Cars aux États-Unis. La carrosserie reçoit une ligne élégante et sportive. Sous le capot, la voiture utilise une mécanique Buick V8. Cette combinaison devient particulièrement séduisante pour le marché américain. Le modèle mélange ainsi le charme européen et la puissance américaine. Intermeccanica produit les carrosseries à Turin avant leur assemblage final aux États-Unis. Le projet reste confidentiel, mais son influence devient importante. L’Apollo démontre surtout que la petite marque italienne peut rivaliser avec des constructeurs beaucoup plus puissants.
L’Intermeccanica Italia, véritable modèle phare
L’Intermeccanica Italia représente probablement l’une des créations les plus emblématiques de la marque. Le projet apparaît après les aventures Apollo et Griffith. La voiture adopte une silhouette basse, longue et très élégante. Son dessin est associé à Robert Cumberford et Franco Scaglione. Le résultat possède une vraie personnalité italienne. Pourtant, la mécanique conserve une forte influence américaine. Les premières Italia sont exportées vers l’Amérique du Nord dès 1968. Leur production reste volontairement limitée. Cela renforce aujourd’hui leur rareté auprès des collectionneurs. L’Italia représente parfaitement la philosophie Intermeccanica. Elle associe artisanat, puissance, élégance et exclusivité.
Pourquoi l’Italia reste si recherchée
L’Italia séduit surtout grâce à son caractère très particulier. Elle ne ressemble pas vraiment aux GT traditionnelles de son époque. Son habitacle reste sportif et relativement simple. Son moteur V8 lui apporte cependant une présence mécanique impressionnante. Les amateurs apprécient aussi sa production limitée. Chaque exemplaire possède donc une histoire particulière. Aujourd’hui, une Italia bien conservée attire facilement les regards lors d’un rassemblement. Elle représente également une époque où les petits constructeurs pouvaient encore tenter des solutions originales. Pour les passionnés de vieilles voitures de sport, l’Italia constitue donc une pièce particulièrement intéressante.
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L’Indra, une nouvelle ambition pour Intermeccanica
Au début des années 1970, Intermeccanica franchit encore une étape avec l’Indra. Cette voiture est développée avec l’appui d’Opel et de General Motors. Franco Scaglione signe son style spectaculaire. L’Indra adopte une carrosserie plus imposante que l’Italia. Elle existe en plusieurs configurations. On trouve notamment un coupé fastback, un coupé classique et un cabriolet. La mécanique repose sur des éléments Opel et un moteur Chevrolet V8. Le résultat est particulièrement intéressant. L’Indra combine une base technique européenne avec une grosse mécanique américaine. Elle rencontre un accueil favorable lors de sa présentation à Genève. Pourtant, son aventure commerciale va rapidement tourner court.
Un arrêt brutal
Le problème vient surtout de la stratégie de General Motors. Le groupe décide finalement d’arrêter la fourniture des moteurs Chevrolet et des pièces Opel. Cette décision fragilise immédiatement Intermeccanica. La distribution européenne devient également beaucoup plus compliquée. Pour une petite entreprise artisanale, le choc est considérable. La production de l’Indra s’arrête après seulement quelques années. Cette situation illustre parfaitement les difficultés rencontrées par les petits constructeurs. Même avec une excellente voiture, l’accès aux composants reste essentiel. Intermeccanica doit alors chercher une nouvelle direction. La famille Reisner décide finalement de poursuivre l’aventure en Amérique du Nord.
Les modèles phares d’Intermeccanica
L’histoire d’Intermeccanica compte plusieurs modèles très différents. Certains sont devenus rares, tandis que d’autres restent associés à la marque. Leur point commun reste une fabrication en petite série. Intermeccanica privilégie toujours les voitures originales plutôt que la production de masse.
| Modèle | Période | Particularité | Intérêt collection |
|---|---|---|---|
| IMP | Années 1960 | Petite sportive basée sur Steyr-Puch | Très rare |
| Apollo GT | 1961-1965 | GT italienne à moteur Buick V8 | Très recherché |
| Griffith GT / Omega | Années 1960 | Sportive américaine à carrosserie italienne | Rare |
| Italia | Fin des années 1960 | GT élégante à moteur V8 | Mythique |
| Murena | 1967-1969 | Sportive V8 Ford | Très confidentielle |
| Indra | 1971-1974 | Coupé et cabriolet à mécanique GM | Rare |
| Roadster | Époque moderne | Réinterprétation du Porsche 356 | Toujours apprécié |
| Model S | Époque moderne | Roadster artisanal personnalisable | Production actuelle |
Les modèles historiques restent particulièrement intéressants pour les collectionneurs. L’Apollo, l’Italia et l’Indra représentent les grandes années sportives de la marque.
Le départ vers l’Amérique du Nord
En 1975, Intermeccanica quitte l’Italie pour poursuivre son aventure en Amérique du Nord. La famille Reisner s’installe d’abord en Californie. Ce changement modifie profondément l’activité de l’entreprise. La marque se concentre progressivement sur les répliques et les voitures artisanales. Le Porsche 356 Speedster devient notamment une source d’inspiration majeure. Intermeccanica développe alors des modèles inspirés des grands classiques européens. Cette nouvelle orientation permet à l’entreprise de survivre. Elle conserve cependant son savoir-faire artisanal. Plus tard, la société s’installe à Vancouver, au Canada. Elle continue aujourd’hui à construire des voitures personnalisées pour une clientèle de passionnés.
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Intermeccanica aujourd’hui
Aujourd’hui, Intermeccanica conserve une identité très particulière. L’entreprise travaille toujours depuis Vancouver, en Colombie-Britannique. Elle propose notamment les modèles Roadster et Model S. La gamme moderne peut recevoir différentes solutions mécaniques. Certaines voitures utilisent encore des moteurs refroidis par air. D’autres peuvent recevoir des motorisations refroidies par liquide. Des configurations plus personnalisées existent également. La marque propose même des constructions utilisant des éléments mécaniques Porsche. Cette approche correspond parfaitement à l’esprit de Frank Reisner. L’objectif reste de construire une voiture selon les attentes du client. Intermeccanica revendique ainsi une production artisanale et personnalisée.
Les points qui rendent Intermeccanica unique
- Une histoire commencée à Turin en 1959.
- Des carrosseries dessinées avec une forte influence italienne.
- Des moteurs américains associés à des châssis européens.
- Une production très limitée.
- Une fabrication artisanale encore présente aujourd’hui.
- Des modèles recherchés par les collectionneurs.
- Une évolution vers des voitures personnalisées.
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Pourquoi Intermeccanica fascine encore les collectionneurs
L’histoire du constructeur automobile Intermeccanica mérite largement sa place dans notre patrimoine automobile. La marque n’a jamais cherché à produire des milliers de voitures. Elle a préféré créer des automobiles différentes. L’Apollo GT, l’Italia et l’Indra représentent parfaitement cette philosophie. Ces modèles mélangent le style italien avec la puissance américaine. Cette association reste particulièrement séduisante aujourd’hui. Elle raconte aussi une époque où les petits constructeurs pouvaient encore prendre des risques. Les voitures Intermeccanica sont donc plus que de simples anciennes automobiles. Elles témoignent d’une aventure familiale, artisanale et internationale. C’est précisément ce genre d’histoire qui fait vivre la passion de la Vieille Carrosserie.
Le saviez-vous ?
Frank Reisner a commencé l’aventure Intermeccanica avec des kits de préparation automobile. La marque a ensuite construit des voitures de compétition et des GT. L’entreprise a même développé des modèles avec Buick, Chevrolet, Opel et Ford. Cette capacité à mélanger différentes solutions techniques explique son identité si particulière.
Résumé rapide
Intermeccanica est née à Turin en 1959 grâce à Frank et Paula Reisner. La marque commence avec des équipements de préparation avant de créer ses propres voitures. L’Apollo GT, l’Italia et l’Indra deviennent ses créations historiques les plus remarquables. Leur recette reste originale : une élégante carrosserie européenne associée à une mécanique souvent américaine. Après plusieurs difficultés industrielles, Intermeccanica poursuit son activité en Amérique du Nord. Aujourd’hui, la société conserve une production artisanale à Vancouver. Son histoire reste donc celle d’un petit constructeur devenu grand par son imagination.
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