Son histoire reste liée à Paris et aux célèbres taxis de la Marne.
Dernière modification : 4 octobre 2026
Le Renault Type AG arrive à un moment où l’automobile cherche encore sa place dans la ville. Les fiacres règnent toujours sur Paris, mais les premiers taxis motorisés commencent à changer le paysage. Renault comprend très tôt que le transport professionnel peut devenir un formidable terrain d’essai. Le Type AG mise donc sur une mécanique simple, un gabarit adapté et une conception pensée pour rouler souvent. Sur le papier, rien de spectaculaire. Dans la rue, en revanche, l’idée est redoutablement efficace. Et son destin va bientôt dépasser largement celui d’un simple taxi parisien.
Le Renault Type AG apparaît en 1905. Il devient rapidement un modèle apprécié par les compagnies de taxis. Son moteur bicylindre reste simple et adapté aux déplacements urbains. Le modèle évolue ensuite avec le Type AG-1. Son image devient surtout célèbre grâce aux taxis parisiens mobilisés en 1914. Cette histoire explique son surnom de Taxi de la Marne. Aujourd’hui, le Type AG représente une étape importante dans l’histoire de Renault. Il témoigne aussi des débuts de l’automobile comme moyen de transport professionnel.
Sommaire
- Les origines du Renault Type AG
- Une automobile pensée pour les taxis
- Le rôle historique des taxis de la Marne
- Les modèles phares
- Le Renault Type AG face à ses concurrents
- Un modèle recherché par les collectionneurs
- Le saviez-vous ?
- Les points essentiels
- Résumé rapide
- Conclusion
Les origines du Renault Type AG
En 1905, Renault ne lance pas simplement une nouvelle voiture : la marque attaque un marché qui se structure à peine. Le Type AG est conçu pour le service de taxi et doit supporter les pavés, les longues journées de travail et les contraintes d’une exploitation intensive. Son bicylindre reste modeste, mais cette sobriété fait partie de ses qualités. Renault privilégie ici l’usage plutôt que la démonstration technique. Le résultat se voit rapidement dans les rues de Paris. Le Type AG prend une place importante dans la jeune flotte de taxis et contribue à installer durablement l’automobile dans le transport urbain.
Il faut aussi regarder le Type AG avec les yeux de son époque. Les carrosseries restent très proches de l’univers hippomobile et peuvent varier selon l’usage. Renault apprend ainsi à adapter une même base à des besoins très différents. Cette souplesse compte beaucoup pour les professionnels. La marque construit progressivement une réputation fondée moins sur la recherche de performances que sur la capacité à fournir un outil de travail cohérent. Pour mesurer cette période de tâtonnement industriel, notre article consacré à l’histoire de Ford offre un autre éclairage sur les débuts de l’automobile.
Une automobile pensée pour les taxis
Techniquement, le Type AG ne cherche pas à impressionner. Le moteur est un bicylindre essence de petite cylindrée, donné à 8 ch sur les premières versions. Avec l’AG-1, la cylindrée passe à 1 205 cm³ et la puissance fiscale reste de 8 ch, pour une vitesse annoncée autour de 45 km/h par Renault. Ces chiffres paraissent minuscules aujourd’hui. Ils étaient pourtant cohérents avec une voiture destinée aux rues de Paris. La simplicité mécanique avait surtout un avantage très concret : elle facilitait l’entretien d’un véhicule qui devait travailler presque sans relâche.
Visuellement, le Type AG conserve beaucoup de codes du fiacre. Le chauffeur est séparé des passagers et la carrosserie paraît haute, étroite, presque verticale. Mais sous cette allure encore familière se cache une rupture majeure : plus besoin de chevaux. Le taxi peut partir à toute heure, enchaîner les courses et conserver une vitesse régulière. C’est là que le Type AG devient intéressant. Il ne ressemble pas encore à la voiture moderne, mais il en annonce déjà l’usage quotidien. Pour les chauffeurs comme pour les clients, le changement est considérable.
Le Renault Type AG et les taxis de la Marne
Septembre 1914 change définitivement le destin du modèle. Alors que Paris est menacée, le général Gallieni fait réquisitionner des taxis pour acheminer des renforts vers la Marne. Renault indique qu’environ 1 300 taxis de la marque sont mobilisés pour transporter quelque 6 000 soldats. Le Type AG1 occupe une place importante dans cette flotte. Il faut toutefois garder le sens des proportions : ces taxis ne remportent pas la bataille à eux seuls. Leur importance tient surtout à leur valeur symbolique et à l’image qu’ils vont laisser dans la mémoire collective.
L’épisode des taxis transforme donc une automobile de service en véritable objet de mémoire. Les images des voitures alignées avant leur départ ont largement contribué à cette légende. Le surnom de Taxi de la Marne s’est ensuite imposé, au point d’éclipser presque l’histoire industrielle du modèle. C’est pourtant ce contraste qui rend le Type AG si intéressant : il raconte à la fois la naissance du taxi moderne et l’entrée brutale de l’automobile dans l’histoire nationale.
Les modèles phares du Renault Type AG
Le Type AG n’est pas resté figé. Renault le fait évoluer au fil des années et l’AG-1 apporte notamment une cylindrée supérieure. Les carrosseries suivent la même logique. Landaulet, fiacre ou autres configurations témoignent d’une époque où le châssis sert encore de point de départ à des usages très variés. C’est une automobile en transition : elle conserve l’allure du monde hippomobile tout en adoptant les contraintes de la motorisation. Cette diversité explique aussi pourquoi les exemplaires conservés aujourd’hui peuvent présenter des détails assez différents.
| Modèle | Période | Moteur | Puissance | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| Type AG | 1905-1907 | Bicylindre | 8 CV | Première version destinée notamment aux taxis |
| Type AG-1 | À partir de 1907 | Bicylindre | 8 à 9 CV | Évolution technique et cylindrée supérieure |
| Version taxi | Années 1900-1910 | Bicylindre essence | Selon version | Transport professionnel de passagers |
| Landaulet | Époque Type AG | Selon version | Selon version | Carrosserie emblématique de l’époque |
Tableau comparatif des principales versions et configurations associées au Renault Type AG.
Le Renault Type AG face à ses concurrents
Face à Renault, le paysage automobile est encore très ouvert. Chaque constructeur cherche sa formule et les méthodes de production sont loin d’être standardisées. La comparaison avec Ford est révélatrice : la marque américaine va pousser beaucoup plus loin la logique de production industrielle. Renault, lui, conserve à cette époque une approche plus souple, capable de répondre à différents usages.
La comparaison avec la Citroën 2 CV permet de mesurer le chemin parcouru. Entre ces deux automobiles, plusieurs décennies ont passé. La 2 CV appartient déjà à une époque où la voiture est devenue un objet populaire et industrialisé. Le Type AG appartient vraiment à l’enfance de l’industrie. Ses formes, ses commandes et sa conception rappellent une époque où chaque constructeur cherchait encore ses propres solutions.
Le détour par Volkswagen permet enfin de mesurer le changement d’échelle de l’industrie automobile. Le Type AG appartient à une époque où une voiture reste encore un objet technique relativement rare et fortement spécialisé. Quelques décennies plus tard, l’automobile devient un produit industriel destiné à des millions d’usagers. Entre les deux, toute une industrie s’est structurée. Le Type AG en représente l’un des premiers chapitres.
Pourquoi le Renault Type AG reste fascinant
Devant un Type AG, la première impression est presque physique. Les roues étroites, les lanternes, le capot séparé et la carrosserie haute n’ont plus rien de familier. Pourtant, tout paraît logique dès que l’on se replace au début du XXe siècle. Les collectionneurs recherchent justement cette cohérence historique. Une belle restauration ne consiste pas seulement à faire briller la carrosserie. Elle doit aussi préserver les détails qui racontent l’usage du véhicule. Sur un modèle aussi emblématique, l’authenticité compte autant que l’état mécanique.
Le Type AG n’a évidemment rien d’une sportive. Sa vitesse paraît aujourd’hui dérisoire et son confort ferait sourire le conducteur moderne. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Cette voiture a été pensée pour travailler, transporter et circuler dans une ville encore dominée par les chevaux. Elle raconte les gestes des premiers chauffeurs autant que les choix des ingénieurs. C’est cette dimension concrète qui fait aujourd’hui son intérêt. Dans une collection de Vieille Carrosserie, elle est moins un objet de performance qu’un témoin exceptionnel d’un monde en train de basculer.
Le saviez-vous ?
En septembre 1914, environ 1 200 taxis parisiens sont mobilisés pour transporter des soldats vers la Marne. Une partie importante de cette flotte est composée de Renault. Cet épisode donne naissance à l’image légendaire des « taxis de la Marne ». Le Type AG devient ainsi l’un des véhicules les plus célèbres de l’histoire automobile française.
Les points essentiels à retenir
- 1905 : apparition du Renault Type AG.
- Moteur : bicylindre essence de petite cylindrée.
- Usage : transport professionnel et taxis.
- Évolution : apparition du Type AG-1.
- 1914 : mobilisation des taxis parisiens vers la Marne.
- Surnom : Taxi de la Marne.
- Héritage : modèle emblématique des débuts de Renault.
- Collection : véhicule historique recherché pour son authenticité.
Résumé rapide
Le Renault Type AG est né comme un outil de transport urbain. Son bicylindre et sa conception simple répondent à cette mission. L’AG-1 poursuit cette logique avec une mécanique plus évoluée. Puis vient 1914 et l’épisode des taxis de la Marne, qui change durablement son image. Aujourd’hui, l’intérêt du modèle tient justement à cette double identité. C’est une automobile pionnière dans l’histoire du taxi, mais aussi un témoin d’un moment majeur de l’histoire française.
Conclusion : le Renault Type AG, une légende sur quatre roues
Le Renault Type AG raconte une histoire qui dépasse largement celle d’un modèle ancien. Il montre comment Renault a compris très tôt l’intérêt du taxi et du transport motorisé. Puis, en 1914, son destin croise celui des taxis de la Marne et entre dans la mémoire collective. C’est cette combinaison qui le rend si singulier. Une mécanique modeste, une silhouette héritée du fiacre et un épisode historique majeur : rarement une voiture ancienne résume aussi bien les débuts de l’automobile française.
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